La cimenterie française Lafarge condamnée pour financement de groupes terroristes
Lafarge infligée à une amende de plus d’un million d’euros et son ancien patron a été emprisonné pour avoir versé près de 5,6 millions d’euros à des groupes, dont l’État islamique, rapporte le journal britannique The Guardian.
Un tribunal français a infligé une amende de plus d’un million d’euros au groupe de ciment Lafarge et condamné son ancien patron à six ans de prison pour avoir versé de l’argent de protection à l’État islamique et à d’autres groupes terroristes afin de maintenir son activité dans la Syrie ravagée par la guerre de 2013 à 2014.
Cette décision fait suite à une affaire de 2022 aux États-Unis dans laquelle la société française a plaidé coupable de complot pour fournir un soutien matériel à des organisations « terroristes » désignées par les États-Unis et a accepté de payer une amende de 778 millions de dollars (580 millions de livres) – la première fois qu’une entreprise faisait face à cette accusation.
Le tribunal de Paris a conclu que Lafarge, qui fait désormais partie du conglomérat suisse Holcim, a versé près de 5,6 millions d’euros via sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS) à des groupes terroristes et intermédiaires pour maintenir son usine en activité dans le nord de la Syrie.
L’ancien directeur général de l’entreprise, Bruno Lafont, a été condamné à six ans de prison pour financement du terrorisme, qu’un juge lui a ordonné de commencer à purger immédiatement. L’avocat de Lafont a déclaré qu’il ferait appel.
La juge présidente, Isabelle Prevost-Desprez, a déclaré : « Cette méthode de financement des organisations terroristes, et principalement de l’EI, a été essentielle pour permettre à l’organisation terroriste de prendre le contrôle des ressources naturelles de la Syrie, lui permettant de financer des actes terroristes dans la région et ceux prévus à l’étranger, en particulier en Europe. »
Lafarge a établi un « véritable partenariat commercial avec l’EI », a-t-elle dit, ce qui ajoutait à « l’extrême gravité des infractions ».
Lafarge avait terminé la construction d’une usine de 680 millions de dollars à Jalabiya en 2010, juste avant l’éclatement de la guerre civile syrienne en mars de l’année suivante, dans un contexte d’opposition à la répression brutale des manifestations antigouvernementales menée par le président de l’époque, Bachar al-Assad.
L’EI a pris en charge de vastes régions de la Syrie et de l’Irak voisin en 2014, mettant en place un contrôle brutal des zones locales.
Alors que d’autres multinationales ont quitté la Syrie en 2012, Lafarge n’a évacué que ses employés expatriés et a laissé son personnel syrien en place jusqu’en septembre 2014, lorsque l’EI a pris le contrôle de l’usine.
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