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RÉCONCILIATION ENTRE ALGÉRIE ET MALI : ENTRETIEN AVEC SOULEYMANE JULES DIALLO 

RÉCONCILIATION ENTRE ALGÉRIE ET MALI : ENTRETIEN AVEC SOULEYMANE JULES DIALLO 

Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maiga, a effectué une visite de travail à Alger le lundi 24 août 2026, à la tête d’une importante délégation ministérielle.

Cette visite intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre le Mali et l’Algérie. 

C’est dans ce cadre que Souleymane Jules Diallo, militant panafricaniste expérimenté nous a accordé une interview pour analyser les enjeux qui tournent de la visite du Premier Ministre Malien à Alger. 

‎- Quelle lecture faites-vous par rapport à la visite du Premier Ministre malien à Alger ?

‎Cette visite démontre encore une fois que la diplomatie se veut dynamique et complexe ,elle ne disparaît pas par les adversités momentanées surtout lorsque la géographie lit les destins de ces peuples .

‎Ager cherche à renforcer sa proximité avec la Russie et celle-ci joue un rôle de médiateur officieux .

‎C’est probablement dans cette logique que Bamako vu les enjeux sécuritaires semble réouvrir les négociations avec Alger afin de mieux pouvoir lutter contre le terrorisme dont certains responsables ont des liens connus avec l’Algérie .

‎- Le Mali traverse une crise énergétique récurrente. L’Algérie peut-elle faciliter l’accès du Mali aux produits pétroliers à des conditions préférentielles, dans le cadre d’un partenariat bilatéral renforcé ?

‎Globalement ,c’est toute l’AES qui constitue désormais un marché à investir pour l’Algerie .

‎Il est évident que les besoins énergétiques de cet espace offre aux voisins une opportunité  et sécurise quelque part l’écoulement des produits pétroliers africains par séquence et en quantité conséquente.

– La situation sécuritaire dans le nord du Mali demeure préoccupante. Quelles nouvelles formes de coopération militaire ou de renseignement peuvent-elles être discutées entre les deux pays pour lutter plus efficacement contre les groupes armés terroristes ?

‎L’enjeu sécurité dans cette zone nécessite une collaboration sincère dans le renseignement pour permettre l’armée malienne d’anticiper les menaces.

L’Algérie doit mettre à contribution son réseau de surveillance et partager ces informations à temps pour faciliter les opérations dans cette zone.

‎- Des informations font état de contacts discrets entre les services algériens et certains cadres du JNIM. Le Premier ministre malien peut-il obtenir la tête d’Iyad Ag Ghali ?

‎Il faut noter qu’avec l’implication de la Russie dans le processus (beaucoup d’observateurs parlent de la pression Russe sur Alger ), l’Algérie basculera favorablement du côté malien  mais se compromettre car il tient jalousement à sa doctrine : aucune immixtion dans les affaires internes ,dans son renseignement et ses services de sécurité.

‎- Bamako est-il prêt à envisager un dialogue avec Iyad Ag Ghali, sous l’égide de l’Algérie, si des garanties de cessez-le-feu et de renonciation au terrorisme étaient obtenues ?

‎A ce stade ,il s’agit plus pour le Mali de renforcer sa sécurité et neutraliser les menaces terroristes qui avaient jusqu’ici l’appui de l’Algerie .

‎Dialoguer avec Iyad Ag Ghali serait une faute politique pour le régime de Bamako .

‎Bamako doit plus chercher avec l’appui de l’Algerie à détruire tous les bastions des terroristes ainsi que les têtes de fil .

‎- L’Imam Mahmoud Dicko,figure religieuse influente au Mali, a adopté des positions critiques envers le pouvoir ces dernières années. Comment le Mali doit-il gérer le cas de l’imam ?

‎Le cas Dicko : une équation à une seule variable 

‎Dans l’opinion africaine ,l’Iman est désormais perçu comme un apatrite qui pose des actions subversives contre la souveraineté du Mali .

‎Sous ce rapport ,son influence est fortement réduite et sa légitimité plus que jamais perdue .

‎À mon avis le gouvernement du Mali doit éviter toute action judiciaire contre l’iman et miser sur la vindicte populaire car les actions judiciaires peuvent être une tribune médiatique qui relance l’iman dans le débat public.

‎- Enfin, cette visite peut-elle être considérée comme le début d’une alliance stratégique durable entre Alger et Bamako, ou s’agit-il d’un simple dégel conjoncturel dicté par les urgences sécuritaires et économiques ?

‎Pour le moment ,il s’agit juste d’un dégel conjoncturel  dicté par les urgences sécuritaires et économiques.

‎Par contre les résultats et la sincérité de la collaboration peuvent transformer durablement ce rapprochement en une alliance stratégique durable .

‎Tout dépendra de l’efficacité dans la gestion de la menace terroriste avec l’appui du renseignement algérien et de sa couverture satellitaire.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MOHAMED LAMINE CISSÉ 

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